Une lecture de CLAUDE LE NOCHER Ce policier d’élite a été muté il y a deux ans au cœur du terroir ardéchois. Pour les affaires courantes, il compte sur son adjoint Sylvain, natif de la région. Moins banale, une série de morts suspectes l’intrigue. Un quatrième quadragénaire est décédé de mort naturelle, comme les trois précédents. Malgré plusieurs signes bizarres, Sylvain est d’avis de classer l’affaire. Simple hasard ? Au cinquième mort, un ami de Sylvain, celui-ci s’inquiète. Les villages de Robignon et de Calignon, rivaux depuis toujours, semblent visés par cette série criminelle, qui se poursuit durant les semaines suivantes. Neuf victimes, mortes de peur. Le point commun entre tous ces gens, c’est une photo remontant à 1975 : une équipe de gamins, garçons et filles, posaient après un match de foot. Sylvain en faisait partie. On finit par déterminer qui prit cette photo. Maxime était un enfant attardé, considéré comme l’idiot du village. Pourtant, il révéla plus tard de curieuses capacités. Il disputa la finale d’un championnat international d’échecs, à Moscou. Sur le point de gagner, il mourut d’une attaque cardiaque. Sa jeune sœur est encore guichetière à la Poste locale. Le policier utilise un plan quadrillé en soixante-quatre cases pour mieux situer les victimes. Comme un échiquier. Les enquêteurs cherchent la parade, mais la série de morts incompréhensibles continue. On ne peut envisager une vengeance posthume de Maxime. Le policier consulte un ami psy, qui évoque un étonnante hypothèse... Il s’agit d’une bonne comédie policière, roman d’enquête entraînant et traditionnel. On y trouve un flic opiniâtre et inspiré, son adjoint (trois-quart M.Bean, un quart Woody Allen) qui fait sourire, une galerie de portraits (dont miss Gros Lolos) assez caustiques, et une belle énigme. L’arme de l’assassin est subtile. Rappelons que l’abus de souvenirs personnels peut nuire à la fiction. Éventuel petit défaut, gommé par les mystères de cette affaire, ses fausses pistes, et son juste tempo narratif. C’est fort agréable à lire. Une autre lecture duMat %
de L AAu cœur de la France : l’Ardèche. Au fond de l’Ardèche : Robignon et Calignon, deux villages qui, de mémoire d’homme, se sont toujours affrontés, ne serait-ce que sur les terrains de foot. C’est là que notre héros un policier d’élite a été muté… Et que peut faire ce natif de la ville? Lire des lettres anonymes qui se résument à peu de choses : « Un », « 2 », puis « un de plus » et enfin « ultime avertissement ». A quoi peuvent faire référence ces messages sibyllins? Aux quadragénaires décédés de mort naturelle? Il serait étonnant qu’une mort naturelle soit suspecte! Et ceci d’autant plus que la seule personne qui aurait pu souhaiter la mort de ces quadragénaires est morte à Moscou cinq ans plus tôt! Certes… mais les décès naturels se multiplient sur un rythme effréné… Autant dire qu’ils sont extrêmes étranges. Hervé Sard construit, avec ce « Mat à mort », une intrigue à la facture classique (un enquêteur, son adjoint, un tueur et une multitude de cadavres) mais sournoisement, il en rend le déroulement intriguant par suite de l’impossibilité qu’il pose comme hypothèse. En d’autres termes, « Mat à Mort » se lit avec avidité…
|
Autres titres de herve sard
La Mélodie Des Cendres
Mat À Mort
Morsaline
Vice Repetita |